Les raisons de l’essor fortement entravé de la franchise

Le séminaire sur la franchise organisé à Alger par la mission UbiFrance et le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE), a permis de soulever un ensemble de questions liées à la franchise. Les intervenants sont tous d'accord sur les avantages de ce nouveau mode de développement particulièrement pour lutter efficacement contre le commerce informel et la contrefaçon, véritable gangrène pour l'économie nationale qui hante au plus haut point les pouvoirs publics en Algérie. 

La franchise en Algérie parfois méconnue du grand public

Selon Maître Hind BenMiloud la franchise est parfois mal perçue car méconnue du grand public. Souvent, le modèle de la franchise est assimilé par les consommateurs mais aussi par les pouvoirs publics, à de la pure importation et confiné dans sa forme basique de représentation des marques étrangères pour la revente en l’état. Pourtant, la franchise permet le transfert du savoir-faire par le biais de formations. Le franchisé va bénéficier d’un support au démarrage et d'un soutien d’exploitation qui lui permettront de développer son activité avec une prise de risque minimale. Elle va également permettre aux entrepreneurs locaux d'acquérir de nouvelles compétences qui leur permettront de développer des franchises nationales. 

La franchise pour lutter contre le marché informel

Samy Boukaila, le PDG de BKL Industries, une franchise 100 % algérienne, a indiqué que l'Algérie avait importé pour près de 50 milliards de dollars durant l'année 2011. Ces importations, souvent mal contrôlées, vont alimenter le marché informel. Selon lui, la franchise permettrait de lutter contre le commerce informel en assurant la traçabilité et le contrôle qualité des produits. En d'autres termes, elle va permettre de nettoyer un tant soit peu l’économie nationale de l’activité informelle et des produits de mauvaise qualité. 

Jérémy Selosse, responsable Maghreb de la franchise Pano Boutique, regrette les lenteurs bureaucratiques. Il a indiqué que malgré les dispositifs d’aide à la création d’emploi, il rencontre des difficultés pour ouvrir des magasins. Mme Benmiloud a quant à elle, déclaré croire en l’avenir de la franchise malgré les freins qui entravent son développement (paiement des droits d’entrée et des redevances à l’étranger, difficultés liées aux procédures douanières des importations, loyers élevés des centres commerciaux et des baux commerciaux). Selon elle, il y aurait un réel intérêt à développer les franchises de service dans de nombreux petits métiers.
 

Article de Yazid Ferhat, Maghreb Emergent, 15 Mai 2012

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